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# Posté le lundi 23 août 2004 06:16

Modifié le dimanche 11 décembre 2005 07:29

L'histoire du groupe de métal : System of a Down ...

L'histoire du groupe de métal : System of a Down ...
L'école arménienne Rose and Alex Pilibos est une petite école privée située dans l' Alexandria Street, dans le Nord de Hollywood; c'est le quartier arménien. Cette école est fière de ses distinctions académiques et de sa valeur culturelle: les familles qui envoient leurs enfants dans cette école veulent qu'ils soient au courant de l'Histoire et de l'héritage de leur pays d'origine.
Serj Tankian, Shavo Odadjian et Daron Malakian sont tous trois allés à cette école bien qu'à des époques différentes.
Présentés par des connaissances mutuelles, Serj et Shavo commencèrent à répéter ensemble aux Nightingale Studios, un petit pôle d'activités de Burbank à 20 minutes du Nord de Hollywood. Différents amis d'écoles participaient également à ces répétitions dont un talentueux bassiste prénommé Dave Hagopyan et un batteur au caractère bien trempé, Andy Khachaturian.
Shavo s'en souvient très bien: "je n'arrêtais pas de faire la navette entre le poste de guitariste et celui de bassiste et les mecs là-bas me taquinaient parce que je changeais tout le temps d'avis: "hé Shavo, dans ton nouveau groupe tu vas jouer du triangle non?"
C'est Dave Hagopyan qui décida de former un vrai groupe. Daron Malakian, fan de Kiss, Mötley Crüe, Metallica et Slayer en entendu parler et se pointa aux Nightingale Studios. "Lorsque Daron commenca à jouer et à chanter, Dave me demanda ce que j'en pensais et je lui ait répondu qu'il fallait qu'il se débarasse de l'autre guitariste car Daron était très bon."
Daron décida de se concentrer sur son jeu de guitare et Hagopyan demanda à Serj si il voulait chanter. Avec Serj, Daron et un batteur nommé Domingo dans les rangs, Dave décida d'appeler le groupe Soil.
Soil ne donna en fait qu'un seul concert au Café Club Fais Do-Do sur West Adams Boulevard, un quartier insalubre de Hollywood. Des tensions créatrices eurent raison du groupe, Dave Hagopyan et Domingo quittèrent le groupe, laissant la voie libre à Shavo.
Shavo raconte: "Daron est venu me voir et m'a dit j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle nouvelle pour toi. La bonne c'est qu'on veut de toi dans le groupe, la mauvaise c'est que nous n'avons plus de batteur. La situation n'était pas très comfortable parce que j'étais toujours ami avec Dave."
Le trio se relocalisa dans un studio neuf et plus spacieux dans un atelier sur Lankershim Boulevard dans le Nord de Hollywood. Ils y passaient autant de temps que possible, dormant à même le sol, recouvrant les murs de peinture, esssayant de créer un environnement stimulant et vibrant.
Shavo se rapelle: "on a passé de bons moments dans cet endroit, on y étaient tous les soirs même si on ne répétait pas. On discutait de ce que nous allions faire, il y avait beaucoup d'énergie."
Mais il n'y avait pas de batteur. Après nombre d'auditions, le trio décida de rappeler leur ami Andy Khachaturian. Le groupe s'appelait toujours Soil bien que Daron n'appreciait pas beaucoup ce nom. Le guitariste proposa Victim Of A Down, une expression provenant d'un de ses poèmes. Shavo et Serj n'aimaient pas le mot "victim" qui les feraient passer pour faibles alors Daron suggéra system.


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Au milieu des années 90, des clubs de Hollywood tels que le Roxy, le Whiskey et le Troubadour commencèrent à ouvrir leur porte à une nouvelle vague de groupes. Des groupes comme Korn, Human Waste Project, Coal Chamber, Incubus, Snot, Deftones, (hed)pe, Static X et Manhole émergaient chaque jour.
John Dolmayan, futur SOAD à l'époque, observait tout cela avec beaucoup d'intérêt.
"Tu pouvais sortir le Lundi au Troubadour et le Mardi soir au Roxy, y écouter des groupes et tout ça gratuitement. Il y avait des centaines de gamins et si tu avais un groupe, c'était une bon moyen de le faire connaître en jouant dans ces clubs."
Shavo qui managait également le groupe avait jeté son dévolu sur le Roxy et c'est le 28 Mai 1995 que SOAD pu enfin jouer pour la première fois dans cette salle.
Serj raconte: "Shavo était constamment aux basques des gérants du Roxy. Ils nous ont fait acheter uen centaine de billets pour qu'o, les vendent nous-même. Ce qu'ils ne savaient pas c'est que nos amis venaient tout le temps nous voir en répétitions et que ce soir-là beaucoup sont venus grâce à ces soirées de répéts."
Anthony Belanger est le comptable du Dragonfly, un club très en vue dans le centre de Hollywood, et a aidé à lancer la carrière de groupes tels que Sugar Ray et Sublime. Il se rappele que peu de groupes l'ont autant impressioné que SOAD: "les gars de Snot m'avaient donné une cassette de SOAD en me disant qu'il fallait absolument que je les prennent. Alors on s'est dit Ok, faisons l'essai. Dès qu'on les a vu on a compris, ils nous ont carrément soufflé."
Jamie Miller éait le batteur de Snot à l'époque et il se rappele de l'impact de SOAD: "la première que je me rappele à leur propos c'est que Andy, leur batteur s'était recouvert de la tête aux pieds de peinture blanche. Serj avait une barbe énorme et des cheveux très longs, il avait l'air complétement dingue. Daron avait de très longues tresses et un survetêment Adidas, un peu comme Jonathan Davis de Korn. Ils étaient vraiment bizarres."
Aimée Echo chanteuse du défunt Human Waste Project se rappele de la première fois où elle a vu SOAD au Roxy: "le concert était absolument complet, il y avait tous ces gens qui montaient sur les voitures, escaladaient les murs et rentraient dans le club par une petite fenêtre au premier étage. Ils se déversaient littéralement dans les loges du club."
System Of A Down faisait partie de la scène de L.A. tout en étant pas réellement, Paul Mac Guigan du Troubadour se rappele: "je me rappele que les mecs du groupe ne savaient pas grand chose à propose du Heavy, Shavo était venu me demander ce que je savais de Kyuss et de Neurosis. Il n'en avait jamais entendu parler auparavent. Ils ont découvert la musique heavy sur le tard."
"On ne savait même pas qui était Korn avant qu'ils ne sortent leur premier album" avoue Shavo, "c'est à ce point là que nous n'étions pas influencés par cette scène. Nous sommes venu d'une tout autre mentalité que n'importe qui d'autre à l'époque mais personne ne nous haïssait car nous étions si gentils avec tout le monde!"
Pendant ce temps là, Shavo et Daron arpentaient les rues chaque soir, distribuant des centaines de flyers et d'autocollants SOAD aux portes des salles locales. Ils se debrouillèrent également pour faire circuler quelques copies de leur démo. Serj ne chômait pas non plus, utilisant internet pour toucher des centaines de fans à un niveau personnel.
La première démo du groupe fut enregistrée dans un garage et y figurait dessus "Sugar", "P.L.U.C.K.", "Suite-Pee" et "Damn". Une deuxième cassette suivit, produite par l'ancien frontman de Fudge Tunnel, Alex Newport. Celle-ci incluait "Soil" ainsi que deux chansons "Honey" et "Temper". Leur dernière démo était constituée de trois chansons qui se retrouveraient sur leur premier album: "Know", "War?" et "Peephole". Le groupe voyait toutes ces démos comme un moyen de se trouver des concerts à faire.
"Nous n'étions pas là pour nous faire signer, nous étions là pour nous faire des fans", précise Shavo.
Pourtant, tout n'allait pas bien dans le groupe. Andy Khachaturian n'était pas satisfait d'être relegué à l'arrière de la scène, aujourd'hui, il avoue qu'il en voulait plus: "il y avait quelque chose que je voulais exprimer plus que de rester simplement derrière la batterie. Cependant, je ne crois pas que j'étais frustré, j'aimais jouer de la batterie et vu que la musique de SOAD est tellement riche ryhtmiquement parlant, la batterie jouait un rôle très important. Je suis fièr de me dire que j'ai pu les aider de cette façon."
Les choses changèrent lorsque Khachaturian se cassa le bras juste avant un concert. John Domayan jouait avec un groupe nommé Fink à l'atelier du Lankershim Boulevard, là où SOAD répétait. Il fut le choix tout trouvé pour remplacer Andy.
"A cette époque, mon groupe avait decidé de s'orienter vers quelque chose de plus pop et j'étais totalement opposé à cela" raconte John, "quand j'ai remplacé Andy, dès la première répétition tout est tombé parfaitement en place aussi bien au niveau musical qu'au niveau des relations avec les autres gars."






Khachaturian quitta définitivement le groupe et John fut integré dans le groupe. Plus tard, Andy forma The Apex Theory avec l'ancien bassiste de Soil, Dave Hagopyan. Aujourd'hui, Shavo ne veut pas trop parler de Andy: "c'est assez compliqué, je crois que Andy est un bon gars mais quelque fois certaines personnes ne peuvent pas travailler ensemble. C'est mieux d'être juste amis. C'est un batteur incroyable, je le pense toujours, et j'ai aimé jouer avec lui."
En 1996, Shavo avait laissé le poste de manager à David Benveniste. Bien que n'ayant aucune expérience en matière de management de groupes, le jeune Benveniste possédait une energie sans bornes et n'était que trop bien avisé du fait qu'il aurait trop bête de ne pas être impliqué dans ce groupe d'une manière ou d'un autre: "je savais que j'avais mis les pieds dans quelque chose d'extrêmement important, j'étais fasciné par eux, par leur son, par leur look et par leur interaction."
Dans les clubs, la compétition se faisait de plus en plus sentir, Snot, Human Waste Project, Deftones et (hed)pe avaient déjà signé avec des majors mais System Of A Down étaient toujours derrière à ce niveau. Shavo: "je ne veux pas dire que nous avions peur mais nous étions assez nerveux en ce qui concernait un contrat avec une maison de disques." Rick Rubin, le fondateur de American Recordings et producteur de groupes tels que Slayer et Beastie Boys fut invité à venir voir jouer SOAD au Viper Room. Sans connaître leur popularité, Rubin les trouva très divertissants.
"Je me rappele avoir beaucoup rigolé parce qu'ils étaient vraiment dingues" dit Rubin, "ce que je trouvais d'inhabituel en eux c'était que, tout d'abord, ils étaient très heavy mais originaux. On entends beaucoup de groupes heavy qui sonnent comme Black Sabbath, Slayer mais SOAD ne sonnait comme un aucun autre groupe."
Enthousiasmé par l'idée de travailler avec leur producteur préféré, le groupe rencontra Rick Rubin. Ils signèrent sur son label, American Recordings peu après.
La popularité de SOAD dans et autour de L.A. grandissait de jour en jour et avant même d'avoir sorti leur premier album le groupe semblait destiné au succés.
"On ne pouvait pas les cataloguer" declare Jamie Miller de Snot, "on ne pouvait pas dire qu'ils sonnaient comme Korn et il semble que beaucoup de personnes, dont Rick Rubin, s'en sont apercu."


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Le premier album de System Of A Down sortit en 1998. Tonitruant, coloré et chaotique, ce fut un succés immédiat et les ventes plus que régulières pour un album aussi peu commercial.
"Je ne peux pas dire que la première fois où je les ait vus jouer je les ait trouvés commerciaux" pense Rick Rubin, "ils sont numéro un sur la radio KROQ (radio locale de L.A.) et c'est incroyable car à aucun de l'élaboration du premier ou même du deuxième album il y a eu un seul pas fait vers quelque chose de plus commercial."
SOAD avait préparé le terrain pour leur succés un peu plus tôt cette année là lorsqu'ils jouèrent sur la seconde scène du Ozzfest.
"Je dois dire que le Ozzfest de cette année là a été une expérience énorme pour nous" declare John, "il y avait tellement une bonne atmosphère entre nous et les autres groupes: Snot, Soulfly, Incubus, Tool et Limp Bizkit."
Malgré cela, la relation d'amitié avec Limp Bizkit tourna au vinaigre après cela. Une affaire de management et le besoin de contrôle du chanteur de Limp Bizkit entraîna la suppression de SOAD sur l'affiche du Family Values qui ne fut que momentanément car une véritable volée de bois vert via le net s'abbatit sur Fred Durst qui se vit obligé de s'excuser et de remettre SOAD sur l'affiche. Cette affaire laissa tout de même un goût amer.
A cette période, le groupe pouvait sans problèmes afficher complet dans une salle de 4 500 personnes telle que le Hollywood Palladium mais il préféra donner trois concerts consécutifs dans leurs anciennes salles de prédilections: le Roxy, le Whiskey et le Troubadour. Ils voulaient conserver l'intimité qu'ils auraient perdu dans une salle plus grande et surtout c'était une façon pour eux de remercier leurs fans qui les avaient supporté depuis tant d'années. Paradoxalement, lorsque Serj se trouva malade à l'heure d'assurer le dernier concert au Troubadour, c'est Andy Khachutarian qui le remplaça. Une fois membre de SOAD, toujours membre de SOAD.
"Aucune somme d'argent ou de succés n'a changé l'attitude du groupe envers leur musique" declare David Benveniste, "c'est le groupe de mecs le plus intègre qu'il m'ait été donné de rencontrer, leur mot d'ordre a toujours été: "faisons le mais faisons le bien", même si cela prends du temps...ils ont mis un an, un an et demi entre le premier et le deuxième album, mais regardez à quoi ils en sont arrivé aujourd'hui."
En effet, lorsque le groupe se réunit à L.A., aux Cello Studios en 2000 afin d'enregistrer leur deuxième album, ils étaient determinés à pousser encore plus loin et même une émeute ne les auraient pas arrêté.
Shavo conclue: "nous n'étions en compétition avec personne d'autre, nous n'étions en compétition qu'avec nous-même. C'est cela qui nous a guidé."

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# Posté le mercredi 25 août 2004 03:38

Voici les 100 meilleurs guitaristes du monde ...

Voici les 100 meilleurs guitaristes du monde ...
01. Tony Iommi (BLACK SABBATH)
02. Kirk Hammett & James Hetfield (METALLICA)
03. Angus & Malcolm Young (AC/DC)
04. Randy Rhoads (OZZY OSBOURNE)
05. Eddie Van Halen (VAN HALEN)
06. Jimmy Page (LED ZEPPELIN)
07. Dimebag Darrell (PANTERA, DAMAGEPLAN)
08. Zakk Wylde (OZZY OSBOURNE, BLACK LABEL SOCIETY)
09. Adam Jones (TOOL)
10. Kerry King & Jeff Hanneman (SLAYER)
11. Dave Murray & Adrian Smith (IRON MAIDEN)
12. Jimi Hendrix
13. Glen Tipton & K.K. Downing (JUDAS PRIEST)
14. Ace Frehley & Paul Stanley (KISS)
15. Slash (GUNS N' ROSES)
16. Ritchie Blackmore (DEEP PURPLE, RAINBOW)
17. Yngwie Malmsteen
18. Joe Perry & Brad Whitford (AEROSMITH)
19. Dave Mustaine & Marty Friedman (MEGADETH)
20. Chuck Schuldiner (DEATH)
21. Brian May (QUEEN)
22. Michael Schenker (MSG, UFO)
23. Nigel Tufnel (SPINAL TAP)
24. Jeff Beck
25. Tom Morello (RAGE AGAINST THE MACHINE)
26. Head & Munky (KORN)
27. John Petrucci (DREAM THEATER)
28. Kim Thayil (SOUNDGARDEN)
29. Vivian Campbell (DEF LEPPARD)
30. Daron Malakian (SYSTEM OF A DOWN)
31. Scott Ian (ANTHRAX)
32. Tom G. Warrior (CELTIC FROST)
33. Chris Degarmo & Michael Wilton (QUEENSRYCHE)
34. C.C. Deville
35. Marten Hagstrom & Fredrik Thorndendal (MESHUGGAH)
36. Alex Lifeson (RUSH)
37. Paul Gilbert (MR. BIG, RACER X)
38. Jerry Cantrell (ALICE IN CHAINS)
39. Mantas (VENOM)
40. Jason Becker (DAVE LEE ROTH)
41. Phil Collen & Steve Clarke (DEF LEPPARD)
42. Mikael Akerfeldt & Peter Lindgren (OPETH)
43. Fast Eddie Clarke (MOTORHEAD)
44. Nuno Bettencourt (EXTREME)
45. Warren DeMartini (RATT)
46. Mick Mars (MOTLEY CRUE)
47. George Lynch (DOKKEN)
48. Ted Nugent
49. Jake E. Lee (OZZY OSBOURNE, BADLANDS)
50. Rudolf Schenker & Uli John Roth (SCORPIONS)
51. Oystein "Euronymous" Aarseth (MAYHEM)
52. Scott Gorham & Brian Robertson (THIN LIZZY)
53. Steve Vai (DAVE LEE ROTH)
54. Reb Beach (WINGER, DOKKEN)
55. Trey Azagthoth (MORBID ANGEL)
56. John Sykes (THIN LIZZY, BLUE MURDER)
57. Hank Shermann & Michael Denner (MERCYFUL FATE)
58. Richie Sambora (BON JOVI)
59. Jon Donais & Matt Backhand (SHADOWS FALL)
60. Stephen Carpenter (DEFTONES)
61. Alex Skolnick & Eric Peterson (TESTAMENT)
62. Brian Tatler (DIAMOND HEAD)
63. John Christ (DANZIG)
64. Scott "Wino" Weinrich (THE OBSESSED)
65. Pepper Keenan & Woody Weatherman (C.O.C.)
66. Tommy Victor (PRONG)
67. Leslie West (MOUNTAIN)
68. Vernon Reid (LIVING COLOUR)
69. Glen Buxton & Michael Bruce (ALICE COOPER)
70. Bjorn Gelotte & Jesper Stromblad (IN FLAMES)
71. Jim Matheos (FATES WARNING)
72. Gary Holt & Rick Hunolt (EXODUS)
73. Donald Buck Dharma Roeser (BLUE OYSTER CULT)
74. Michael Amott (ARCH ENEMY)
75. Robert Fripp (KING CRIMSON)
76. Andre Olbrich (BLIND GUARDIAN)
77. Joe Satriani
78. Frank Hannon & Tommy Skeoch (TESLA)
79. Ty Tabor (KING'S X)
80. Mark Morton & Will Adler (LAMB OF GOD)
81. Dino Cazares (FEAR FACTORY)
82. Pete Townshend (THE WHO)
83. Jon Schaffer (ICED EARTH)
84. Timo Tolkki (STRATOVARIUS)
85. Neil Young
86. Abbath Doom Occulta (IMMORTAL)
87. Kai Hansen (GAMMA RAY)
88. Uffe Cederlund & Alex Hellid (ENTOMBED)
89. Leigh Stephens (BLUE CHEER)
90. Jim Martin (FAITH NO MORE)
91. Michael Romeo (SYMPHONY X)
92. Bill Steer (CARCASS)
93. Piggy (VOIVOD)
94. Tony Bourge (BUDGIE)
95. Sammy Hagar (VAN HALEN)
96. Alexi Laiho (CHILDREN OF BODOM)
97. Akira Takasaki (LOUDNESS)
98. Michael Angelo
99. John Kay & Michael Monarh (STEPPENWOLF)
100. Nick Bowcott (GRIM REAPER)

# Posté le mercredi 25 août 2004 03:58

Interview de Daron Malakian réalisée par Thomas Vandenberghe le 17 mars 2002 pour Rock Sound n°102 (mai 2002).

Interview de Daron Malakian réalisée par Thomas Vandenberghe le 17 mars 2002 pour Rock Sound n°102 (mai 2002).
RockSound : Ça ne vous pose pas problème, les interviews, à ce stade de la carrière du groupe?

Daron : Si. Nous n'aimons pas faire d'interviews quand nous sommes en tournée. On préfère se concentrer sur nos concerts. Ils [les gens du label] n'étaient pas censés programmer une seule interview, mais tu n'y es pour rien.

RockSound : Le groupe est devenu énorme ces derniers mois. Comment le gérez-vous?

Daron : On apprend encore. On apprend toujours. Ça ne fait pas 20 ans qu'on est dans le business ! On n'est pas encore complètement rôdé. Cette tournée, par exemple, aurait dû passer par l'Espagne, et elle ne l'a pas fait. Ce sont des choses comme ça qui nous échappent. Pareil, on aurait dû programmer deux ou trois dates dans le Nord de l'Allemagne et ça n'a pas été fait.

RockSound : Apprendre tout ça, ça fait partie du métier de musicien dans un groupe, non ?

Daron : Non, je ne le crois pas (rires). Ça n'a rien à voir avec tout ça. Il arrive que ces trucs s'apparentent à de la torture, je te le promets.

RockSound : Oui, mais par exemple, éprouvez-vous une sorte d'admiration pour des dinosaures comme R.E.M. ou U2, capables de répondre aux mêmes questions depuis 20 ans ?

Daron : C'est probablement leur choix. Leur choix d'être très exposés médiatiquement. On n'a jamais cherché à être exposés, pour dire vrai. Mais on a un label qui...

RockSound : ... fait tout pour vous rendre encore plus gros.

Daron : Oui. Donc, on fait comme on peut. Je pense que ni U2 ni R.E.M. n'ont explosé comme nous à leur deuxième album. C'est venu plus tard pour eux. R.E.M. ne font pas la moitié du nombre de dates que nous faisons dans une année.

RockSound : Vous en avez fait combien depuis la sortie de Toxicity ?

Daron : Je ne sais pas. On a eu seulement un mois de repos.

RockSound : La vie n'est pas la même chez vous et en tournée. Ça t'aide à avancer, l'alternance des deux ?

Daron : C'est ça, le vrai challenge de l'artiste. Tourner, c'est un cirque. Composer, créer, c'est le propre de l'artiste. Je peux être complètement vanné ce soir, si je dois monter sur scène, je sais que je vais réussir à me donner. Cette heure et demie pendant laquelle on va jouer, c'est ça qui nous fait avancer. Si l'on ne jouait pas, tous ces trajets entre les principales villes du monde n'aurait plus aucun sens !

RockSound : Votre journée type, en tournée, elle ressemble à quoi ?

Daron : Beaucoup d'attente, de flottements, beaucoup d'herbe. Essayer de dormir pour rattraper le sommeil perdu après les concerts. J'aime ça. Là, tu ne me prends pas à un bon moment, je suis vraiment fatigué. Mais après le show, ce soir, je risque de péter le feu. Alors voilà, ça dépend. Des fois, c'est génial, et d'autres fois, tu n'as qu'une envie, c'est de rentrer chez toi. C'est pour ça que chaque endroit, tu essayes d'en faire un chez toi. Moi, j'ai mes disques, mon herbe, mon ordinateur, ça me va.

RockSound : Vous avez l'impression d'être suffisamment proches de vos fans, étant constamment sollicités par le label, les journalistes, le management ?

Daron : C'est dur d'être vraiment en contact avec les fans. Dès qu'on met le pied dehors, on en a au moins 50 qui viennent vers nous. Je ne peux pas être en contact avec chacun d'entre eux. On fait ce qu'on peut, on signe des autographes, des séances de dédicaces... Pour moi, rien de tout cela ne représente un vrai contact avec les fans. Dire 500 fois "merci beaucoup" pendant une séance de dédicaces, ça n'est pas ce que j'appelle être en contact avec les fans. Pourtant, j'aimerais savoir ce que les vrais fans de S.O.A.D. pensent du groupe. Mais aujourd'hui, il est devenu difficile de reconnaître un vrai fan de System Of A Down. Beaucoup sont là parce qu'ils ont entendu notre single à la radio, et croient pouvoir émettre une opinion sur nous... qui n'est pas toujours vraie.

RockSound : C'est fatigant d'être automatiquement catégorisé comme un groupe de néo ou un groupe politisé ?

Daron : C'est ton travail de faire comprendre aux gens que nous ne sommes ni l'un ni l'autre. En deux minutes, un sujet télévisé ne trouvera que ces deux lieux communs à dire sur nous. Ce groupe a besoin d'être un peu mieux expliqué aux gens. On ne doit avoir que trois ou quatre chansons qui parlent de politique à proprement parler. Ça ne fait pas de nous un groupe politique pour autant. On aborde plein d'autres sujets. On aime le métal, mais aussi plein d'autres choses. Le néo-métal, pour moi, c'est Linkin Park ou Limp Bizkit. On n'a rien à voir avec eux. On joue du rock. Même les Beatles chantaient des choses politiques et des choses stupides comme "Obladi Oblada". Nos textes sont aussi ouverts que nous le sommes dans la vie. Mais des gens interprètent trop sérieusement ce que nous disons dans nos paroles.

RockSound : Tu as un exemple ?

Daron : Ok, le 11 Septembre, alors que notre album était sorti depuis une semaine et les chansons écrites depuis des mois, les kids ont pris au mot le texte de "Chop Suey!" et ont commencé à nous considérer comme des sortes de prophètes. Je trouve cela super flippant et extrêmement dangereux. Je ne veux pas porter ça.

RockSound : Il arrive que des fans te fassent peur ?

Daron : Oui. En ce moment même, il y a un type dehors. Il y a toujours des tas de fans à l'entrée des hôtels, mais bon... Lui, il nous envoie des emails en disant : "Je sais quel est votre hôtel, je veux rester avec vous, je veux que vous veniez chez moi, et blablabla,..." On reçoit des fax, etc. C'est flippant. Une fois, j'étais chez moi en train de manger avec des amis, et il y avait ces deux nanas en train de me regarder par la fenêtre. Ça, c'est lourd. Je me sens comme Michael Jackson (rires) !

RockSound : L'herbe ne te rend pas paranoïaque ?

Daron : Non, ça va, je gère. Quand deux filles sont perchées à ma fenêtre, je suis conscient que c'est encore la réalité (rires).

RockSound : La mode est aux vieilles influences métal. Tout le monde porte des t-shirts de Mötley Crüe ou Poison. Vous revendiquez un peu ces influences ?

Daron : Oui. Mais je peux t'assurer que tous ces groupes qui s'affichent avec ces t-shirts ne connaissent souvent qu'une chanson ou deux. C'est la putain de mode, comme pour le Grateful Dead. Nous, ça nous arrive encore d'écouter du hair-metal. Mais je voue définitivement un respect énorme pour les gens capables d'écrire une bonne chanson en trois minutes. J'adore les Kinks. C'est ce à quoi j'aspire, avec S.O.A.D., écrire des chansons qui soient les nôtres, des trucs rudes, qui montent et qui descendent, mais en trois minutes. En sept minutes, c'est trop facile. Honnêtement, je ne ressens pas de difficulté à composer quelque chose sur vingt minutes. C'est pourquoi j'ai aussi de l'admiration pour des groupes comme Iron Maiden, Rush ou Radiohead, qui font de très grandes choses sur huit ou neuf minutes.

RockSound : Le nom du groupe a-t-il à voir avec vos chansons courtes ?

Daron : C'est une interprétation, oui.

RockSound : Vous avez déjà travaillé sur le prochain disque ?

Daron : Des idées ont été posées, mais jusque là, j'y ai beaucoup plus pensé que véritablement travaillé. Avant de faire Toxicity, connaissant les envies de Serj au niveau chant, je savais que je voulais apporter beaucoup d'harmonies qui peuvent bien coller à notre son. C'est sur ces harmonies que je voulais construire notre musique. Je pense beaucoup au son avant de penser aux morceaux.

RockSound : Tu penses un jour faire quelque chose tout seul, un side-project ?

Daron : C'est une question de temps. Je suis très concentré sur System Of A Down. Serj édite des petits livres de poésie. Je n'arrive pas bien à faire autre chose pour le moment. Je viens de produire un groupe de Los Angeles qui s'appelle The Ambulance. Pour le reste, on verra plus tard...
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# Posté le mercredi 25 août 2004 06:34

Interview de Daron Malakian réalisée par Frédéric Lavie pour Rock Sound Hors Série n°22 - Rock US (été 2002).

Interview de Daron Malakian réalisée par Frédéric Lavie pour Rock Sound Hors Série n°22 - Rock US (été 2002).
Rock Sound : Il y a peu de temps, une rumeur a circulé prétendant que Serj avait trouvé la mort dans un accident de voiture. Une multitude de fans nous ont aussitôt contacté pour savoir si c'était vrai. Penses tu que c'est un signe de l'ampleur qu'a prit le groupe?

Daron : C'est vraiment la première fois que j'entends parler de ça ! C'est dingue, mais que tout le monde se rassure, Serj va très bien et est en très bonne santé. Mais bon, tu sais, il faut toujours s'assurer que les choses que l'on entend sont vraies, car énormément de gens disent beaucoup de choses à notre sujet et la plupart du temps ces choses sont sans fondements.

Rock Sound : Est-ce vrai que désormais (depuis les attentats du 11 septembre) la CIA vous surveille ?

Daron : Tu sais, nous n'en sommes pas vraiment surs, nous n'avons pas de réelles preuves de quelque chose comme cela. Mais c'est tout à fait probable, car nous pouvons être considérés comme un modèle dans le monde entier, et c'est pour cette raison que ça ne nous surprendrait pas. Ce serait étrange car on ne parle pas plus de politique que d'autres choses, mais si jamais c'est vrai, alors tant pis. On y attacherait pas trop d'importance.

Rock Sound : Trouves tu ce genre de situation plutôt drôle, ou plutôt grave ?

Daron : Je trouve tout ça vraiment très drole. Je ne vois pas ce qui devrait les pousser à faire attention à nous. On est des gars normaux, et la seule différence qu'il puisse exister entre ce que l'on peut faire et ce que tout le monde fait, c'est juste de mettre nos idées dans nos chansons. Chez soi, tout le monde parle des choses à propos desquelles on écrit; tout le monde parle des choses qui se passent aujourd'hui dans le monde.

Rock Sound : Vos textes ont donc beaucoup d'impact. Considères tu cela comme une sorte de reconnaissance par rapport au public ?

Daron : Nous ne pensons pas vraiment à ça, on écrit juste ce qu'on a toujours écrit, et ce que l'on a envie d'écrire. Dans tous les cas nous ne forçons personne à être d'accord avec ce que l'on dit, personne n'est obligé d'adhérer à mon opinion.

Rock Sound : Beaucoup de gens (notamment dans les médias) cherchent à vous classer comme un groupe à vocation politique. Est-ce que ça t'énerve ?

Daron : Oui, ça me fatigue vraiment ! Cela m'a toujours fatigué. Nous ne sommes pas que ça, et si quelqu'un veut nous ficher comme un groupe politique, c'est qu'il passe à côté du disque et du sens de chansons comme "Aerials" ou "Chop Suey". La plupart de nos chansons n'ont rien à voir avec la politique, et ceux qui nous disent politiques ne les prennent pas en considération; ils ne font que résumer le disque à trois chansons, et c'est ça qui me saoule. Les gens nous questionnent souvent à propos de politique, mais nous ne cherchons pas à aborder ces thèmes là particulièrement. SOAD n'est pas un groupe politique, mais quand on est sortit les gens ne comprenaient pas ce que l'on faisait. Notre musique était différente de ce qu'ils pouvaient connaître, et ça traitait de politique, mais pas tout le temps. Ils ont donc eu besoin de nous classer dans un genre, soit comme groupe arménien, soit politique, ou bien néo-métal, juste pour s'y retrouver. On se voit simplement comme un groupe de rock, on est pas métal, et on parle de ce qui nous intéresse, que ce soit de politique ou que ce soit de jouets à la con pour les gosses.

Rock Sound : Certains vous ont comparé à un groupe come Rage Against the Machine, suite à des déclarations politiques faites durant des concerts.
Daron : Oui c'est vrai, mais Madonna l'a fait aussi avec ses spectacles de "La Isla Bonita". La différence, c'est que Rage Against the Machine parle de problèmes politiques sur chacun de ses albums et sur chacunes de ses chansons. Ça ne me gène pas, mais eux sont un groupe qui a de vraies positions politiques.

Rock Sound : Tu assures beaucoup de deuxième voix sur le nouvel album. As-tu désormais un rôle plus important à ce niveau-là, tant au niveau du chant que de l'écriture des textes ?

Daron : Oui je pense, car c'est moi qui écrit la plupart des chansons. En fait, j'ai écrit beaucoup de chansons alors que j'étais seul dans ma chambre, c'est ma façon de procéder. Je suis assis et j'écris ("I'm just sitting in my room..." ndlr), mais je ne peux pas dire où il doit y avoir les harmonies vocales. Je suis là, je n'y pense pas vraiment, mais ce sont des choses qui me titillent et qui sortent d'elles-mêmes. Après on mélange un petit peu tout ça. C'est vrai que sur le nouvel album je chante plus, mais j'ai toujours chanté à côté et assuré la deuxième voix dans le groupe. On a travaillé comme ça sur Toxicity parce que ça collait aux morceaux et que ça a bien fonctionné comme ça.

Rock Sound : Une nouvelle édition de Toxicity (avec nouvelle jaquette, bonus tracks, plage DVD, photos...) devrait bientôt sortir. Est-ce un choix de votre part, ou est-ce plutôt une opération marketing ?

Daron : Evidemment je suis obligé de te répondre que c'est un peu des deux, mais pour moi, ce genre de trucs s'adressent à ceux qui sont vraiment de très grands fans du groupe, mais quelque part à ceux qui sont fans du travail studio. Tu vois, par exemple, si j'adore vraiment un groupe, même si j'ai déjà leur disque studio mais que je trouve le même avec une jaquette différente, je me le procurerais. Ce disque va s'adresser aux très grands fans, à ceux qui attachent de l'importance aux différences de couleurs et aux choses comme ça. Personnellement je suis d'accord avec ce concept et à mon avis ce n'est pas franchement du marketing. C'est avant tout parce qu'en tant que fan on aimerait pouvoir trouver ce genre de choses, avec des nouvelles photos et des morceaux en plus, qu'on le fait.

Rock Sound : Quelles ont été les nouvelles façons de concevoir le nouvel album ? Y a-t-il eu des influences particulières ?

Daron : Tu sais, quand nous avons écrit le premier album, nous n'étions encore qu'un groupe qui se produisait dans les clubs, et parallèlement nous aimions tous les morceaux qui génèrent une réelle énergie en live, comme ces chansons incisives qui plaisent aux gens dans les concerts. On a fonctionné comme ça, parce que tout ce que l'on avait fait jusque là se résumait à un album, et qu'avant que nous soyons signés, on jouait principalement dans les clubs, donc les chansons étaient composées avant tout par rapport au rendu live qu'on pouvait en tirer. Nous avons abordé la composition de Toxicity de façon à produire un véritable album, avec un contenu plus pensé, avec des chansons comme "Aerials", qui n'est pas un titre qui va rendre les gens hystériques et les faire se jeter dans la fosse. C'est une musique qui est faite pour être écoutée. Je préfère vraiment cette approche de la musique, et puis on ne voulait plus gueuler systématiquement sur toutes les compos. Nous avons donc fournit un travail différent qui n'apparaissait pas sur le premier album et qui ne lui donnait donc pas cette ambiance et ce groove. À l'époque il n'y avait pas d'harmonies dans les voix, et les strucures des morceaux étaient probablement un peu trop complexes.

Rock Sound : Votre son est très gros, mais il sonne très naturel. Pourquoi avez-vous fait le choix de ne pas utiliser d'effets sur l'enregistrement ?

Daron : Et bien j'aime la batterie qui sonne comme une batterie, la guitare qui sonne comme une guitare, etc. Le fait de ne pas utiliser d'effets nous donne un rendu sincère, qui ne sonne pas artificiel, ainsi chaque instrument sonne comme il doit sonner en réalité. En fait, tout ce que l'on fait c'est pour se faire plaisir. La musique doit nous rendre heureux. Nous pensons que si tu n'aimes pas ce que tu fais, personne ne sauras l'aimer à ta place et à la considérer à sa juste valeur. C'est pourquoi nous nous devons d'aimer notre musique et par conséquent, de la faire comme nous la ressentons.

Rock Sound : Penses-tu que votre statut de groupe hors du commun ainsi que le succès que vous rencontrez, puissent faire de SOAD une légende du rock ?

Daron : Houlala, légende du rock ! Mais le groupe est très jeune, ça me fait peur (rires) ! Sérieusement, je pense que ça dépend et dépendra encore de toutes les étapes que le groupe parcoure ou parcourra. C'est la façon d'évoluer qui compte, le fait d'avancer pas à pas, les choix que l'on peut faire, qu'ils soient bons ou mauvais. Il faut toujours être prudent quand on parle du futur, personnellement je ne saurais pas le prédire. Tout change tout le temps, les styles changent, les goûts des gens changent aussi. Si à travers tous ces changements le groupe résiste en continuant à faire sa musique et en ayant un public, alors je pourrais te dire que oui, nous sommes devenu un des grands groupes qui ont marqué définitivement l'histoire de la musique rock. En revanche, si les différents changements de goûts et de style ont raison du groupe, je ne peux pas te dire à quel point ce sera terrible pour nous (rires). Pour ma part, je reste serein, car je pense que le plus important pour un groupe de rock c'est de rester soudé, de s'apprécier et de pouvoir rester ensemble dans la même pièce sans se taper. On a la chance d'être tous de très bons amis, mais aussi de ne jamais avoir connu de tensions entre les membres du groupe. Hier soir encore j'ai diné avec Serj, et ça veut dire que personne n'a la haine contre quelqu'un, et même si on est ensemble depuis 1995, tout le monde s'aime et s'apprécie.

Rock Sound : A t-il été difficile au début (avant la sortie du premier album) d'imposer les intonations arméniennes ?

Daron : Nous n'avons jamais fait cela de façon pensée. Ces influences sont naturelles dans notre façon de composer. Parfois, alors qu'on le fait simplement parce que nous sommes arméniens, certains disent "oh, ce sont des influences arméniennes", et je leur répond à ces personnes "mais non, nous sommes influencés par le R'n'B" (rires). Des fois je me dis que si on était des arméniens pure souche, on ne seraient probablement quand même pas comme les autres arméniens, et alors certainement que beaucoup de gens diraient "ça c'est arménien, ça c'est pas arménien...". C'est parce que ça vient naturellement qu'on le fait, ce n'est pas pour se donner une quelconque identité. Nous avons assurément des intonations particulières, mais ce n'est pas un exercice de style, on ne se force pas.

Rock Sound : Le fait de mettre en avant l'aspect arménien de votre musique, même si ça n'est pas calculé, est-ce quand même une sorte de moyen de faire honneur au melting pot et à montrer ses bons côtés ?

Daron : Tu me demandes ça parce que nous sommes arméniens mais que nous venons des États-Unis ? Tu sais, nous n'avons pas de démarche particulière, et ce que l'on peut faire avec le groupe ne sert pas à dire "hé ! Vous voyez, c'est ça l'Amérique, c'est le melting-pot !". Je pense que c'est arrivé comme ça, tu comprends. Il y a vingt ans, il n'y avait pas tant d'arméniens aux États-Unis; il y a vingt ans il n'y avait pas de groupes américains formés d'arméniens. C'est tout simplement dû à l'évolution dans le temps, et aujourd'hui ça se ressent terriblement à Los Angeles où il y a beaucoup d'arméniens, mais beaucoup de mexicains, de blancs, de noirs, enfin bref tout ce que tu veux. Certaines personnes se regroupent car il y a beaucoup de personnes de tous les genres. Par exemple, si j'ai besoin d'un bassiste et que c'est un mexicain qui se présente, et que je suis arménien, ça va faire qu'un arménien, un mexicain, un blanc vont se retrouver à jouer ensemble dans le même groupe. C'est un processus tout à fait naturel. Ça se passe comme ça car il y a énormément de gens différents, et on ne cherche absolument pas à montrer ou bien à prôner quoi que ce soit.

Rock Sound : Que penses-tu des groupes qui arborent volontairement des drapeaux ou bien des slogans afin de revendiquer leur appartenance à un groupe ou encore leur adhésion à certaines idées ?

Daron : Je trouve ça mortel ! Si ça peut rappeler le drapeau arménien (rires). Je trouve ça bien parce que ça prouve une grande fierté, un peu comme les japonais qui sont attachés à leur culture et qui brandissent constamment leur drapeau. Je trouve ça bien, et c'est quelque chose que je respecte et qui me rend fier.

Rock Sound : Mais qu'en penses-tu quand il s'agit de signes très tendancieux, impliquant des idéologies racistes, ou bien violentes...?

Daron : Oh merde, j'avais pas compris la question d'avant comme ça ! Non, non, là j'aime pas ça du tout ! Tu sais, hein, le drapeau arménien, c'est quelque chose de vraiment très cool (rires) ! Mais bon à côté de ça, je donne le droit à n'importe qui de penser ou de faire ce qu'il veut, et en règle générale je ne porte pas de jugements pour savoir si leurs délires sont bons ou mauvais. En fait ça dépend directement de ta façon de voir les choses, et ce n'est pas parce que quelqu'un attache de l'importance à quelque chose, qu'il va pouvoir transformer les gens. J'ai tout de même une opinion différente à propos des gens qui ne t'aime pas parce que tu n'es pas comme eux; eux ce sont des connards. Mais bon, si tu as une mentalité particulière mais que tu la gardes pour toi et que par conséquent tu ne prends la tête à personne avec, j'aurais pas de raison de t'en vouloir. Mais je pense sincèrement que beaucoup adoptent ces attitudes ambigües pour choquer les gens, pour que le public se demande pourquoi ils font ça. Regardes le batteur des Who, il était complètement dingue; il se levait le matin en jouant le nazi au nez de son voisin juif ! Et je ne pense pas qu'il était réellement nazi. Sinon, j'ai vu des choses qui ressemblaient à des drapeaux nazis à certains de nos concerts, et personnellement je n'arrive pas à comprendre pourquoi quelqu'un amène ça, on aime pas ça.

Rock Sound : Mais beaucoup de photos te montre portant un maillot de hockey sur glace de l'ancienne équipe de l'union soviétique ! Est-ce parce que tu aimes le hockey sur glace ou bien parce que tu aimes le régime soviétique ?

Daron : Non, je suis un grand fan de hockey sur glace, tout le monde le sait ! Tout le monde sait que je suis fan !

Rock Sound : C'est un goût pour la couleur rouge ?

Daron : Je trouve simplement que "l'armée rouge" était une très grande équipe de hockey. Je porte aussi le maillot des Etats-unis parce que j'aime aussi cette équipe. J'ai beaucoup de vêtements de hockey, mais j'apprécie particulièrement l'équipe russe et d'ailleurs, de nombreux joueurs évoluant dans le championnat américain viennent de cette équipe. Je reste dans le cadre sportif, et le fait de porter ça n'a absolument aucune signification politique pour moi.

Rock Sound : Où en est votre tournée pour Toxicity ? Est-elle terminée ?

Daron : Non, puisque nous allons faire un concert ce soir même, et ensuite, nous allons encore jouer pendant 2 à 3 semaines, et seulement après ce sera terminé.

Rock Sound : Pensez-vous déjà au troisième album ?

Daron : Oui, et je suis déjà dans l'écriture de ce disque. J'ai déjà composé quelque chose comme quatre ou cinq nouvelles chansons. J'ai travaillé ! Ce n'est pas parce que le groupe est célèbre que les périodes de vacances signifient l'arrêt du travail, au contraire, il y a une grosse partie de travail personnel à fournir à ce moment là. Il n'y a pas de date butoir prévue pour la sortie du prochain disque, on peut donc y aller tranquillement. De toute façon on préviendra tout le monde quand ce sera prêt, mais bon pour le moment, même si ça avance déjà, aucune date de sortie n'est prévue.

# Posté le mercredi 25 août 2004 06:40

Modifié le mercredi 25 août 2004 06:56